 |
|
 |
 |
Et ca recommence
Transmis par: amel actif Mercredi, 05 Décembre 2007 @ 00:00
|
 |
 |
|
 |
 |
Les années passent, le teknival s'embourbe
Depuis plus de dix ans, une fête techno est organisée en même temps que les Trans Musicales. Illégale au départ, encadrée aujourd'hui. Sans que personne n'y trouve son compte.
1992. L'une des premières raves officielles de France est organisée par les Trans Musicales, salle omnisports. Les musiques électroniques sont en pleine explosion créative. Le festival, défricheur de tendances, suit le mouvement. Ces soirées prennent de l'ampleur jusqu'à investir le parc expositions de Rennes Aéroport en 1995.
C'est à cette époque que les premières free-parties s'organisent en marge du festival. « 1995, c'est le premier gros rassemblement de ce type en France. C'est pour ça que Rennes est devenu un lieu névralgique du mouvement », estime Rabin, président du sound system Epsylonn et membre de Korg'n heol, le collectif qui joue le rôle de médiateur dans l'organisation du teknival
En réaction à la rave officielle, baptisée Planet, des collectifs montent une soirée gratuite dans une ancienne déchèterie de la banlieue rennaise. Son nom ? ***** Planet. Le message est clair. « C'était contre notre soirée. Parce que ses participants ne se retrouvaient pas dans les musiques électroniques que nous proposions », note Jean-Louis Brossard, programmateur des Trans Musicales.
Le festival des Trans Musicales abandonne le concept de rave au parc-expo en 1997. Trop cher. « On a aussi voulu à l'époque se recentrer sur le centre-ville », rappelle Jean-Louis Brossard.
15 000 raveurs à Ker Lann
De son côté, le rassemblement parallèle perdure et grossit. En 2000, des milliers de teufeurs déboulent sur le rond-point de Ker Lann. Les gendarmes assistent impuissants à un des plus grands rassemblements sauvages de musique techno. La route Rennes-Redon est coupée. Pendant trois jours, 15 000 raveurs occupent le site, laissant un immense terrain vague derrière eux.
2001 et la loi Mariani-Vaillant qui interdit les free-parties de plus de 250 personnes (la jauge est remontée à 500 personnes depuis) change la donne. Un cadre plus ou moins légal est imposé. La Prévalaye reçoit sa première rave. Le maire, Edmond Hervé, met le terrain à disposition. Tout ne se passe pas si mal. Mais le quartier se lève avec une gueule de bois. La mairie est durement critiquée.
Le teknival sur le terrain politique
Logique, donc, que l'année suivante, Edmond Hervé traîne les pieds pour accueillir le teknival. En 2002, des milliers de teufeurs déferlent à Marcillé-Raoul, à 40 km de Rennes. Le tout nouveau ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, se rend sur place le mardi suivant pour y rencontrer des agriculteurs en colère. Il reproche aux élus locaux de ne pas assumer leurs responsabilités.
Le teknival investit le terrain politique. D'ailleurs en 2003, Bernadette Malgorn réquisitionne le terrain de la Prévalaye. Le torchon brûle avec la mairie. A cette époque, des réunions sont organisées entre les organisateurs des Trans Musicales et le collectif Korn'g heol, qui joue le rôle de médiateur dans l'organisation du teknival. « Il n'y a jamais eu de questions taboues entre nous mais deux points de vue différents. Nous, nous proposons une alternative gratuite aux Trans », plaide Rabin.
En 2004 et 2005, la rave est interdite faute de terrain. Des milliers de raveurs affluent dans le centre. Le samedi soir, la fête dégénère. En 2005, le manège place Sainte-Anne brûle. Des dizaines de vitrines volent en éclats. On assiste à des scènes d'émeutes.
Les Trans pris en otage
En 2006, la rave s'installe de nouveau à la Prévalaye. Le terrain est mis à la disposition des teufeurs par la mairie. Aucun incident grave n'est à déplorer. La police, pour la première fois, place un dispositif au coeur du teknival pour interpeller les dealers. Une trentaine de personnes finissent leur week-end en garde à vue. Certains sont condamnés à des peines de prison ferme.
Cette année, rebelote. Sans qu'aucune partie n'y trouve son compte. La préfecture n'a pas trouvé d'autre lieu et réquisitionne à nouveau la Prévalaye. Au grand dam des riverains. Le collectif Korn'g heol n'est pas convaincu par le terrain retenu. « Ça irait pour une free party. Mais, pour un teknival, c'est inadapté », estime Rabin. Plusieurs teufeurs ont encore en mémoire la boue de l'année dernière. Seront-ils aussi nombreux ce week-end ?
Du côté des Trans Musicales, on se sent toujours pris en otage : « Tu organises pendant un an un festival et à l'arrivée, tout ce que l'on retient, ce sont quatre mecs dans la boue devant un sound-system, regrette Jean-Louis Brossard. Cela diabolise les Trans Musicales. »
Ouest-France
|
|
 |
 |
|
 |
|
| |
|